A l’Onu : Macky Sall promet contre la migration irrégulière, au Sénégal les fonds restent sans réponse et les questions finissent en prison.

À la tribune des Nations unies, Macky Sall promet de lutter contre l’émigration irrégulière. Une déclaration solennelle, mais qui sonne creux tant qu’elle n’est pas adossée à une exigence fondamentale : la reddition des comptes.
Car avant d’annoncer de nouvelles ambitions, il est impératif de faire la lumière sur la gestion des fonds européens alloués à la lutte contre ce phénomène au Sénégal.
Ces ressources n’étaient pas symboliques ; elles devaient financer des politiques concrètes, créer des opportunités et offrir une alternative crédible au départ.
Ce décalage entre discours et réalité n’est pas anodin.
Il nourrit la défiance, fragilise la parole publique et renforce le sentiment d’abandon chez une jeunesse qui cherche simplement une vie digne.
L’émigration irrégulière n’est pas un slogan à combattre, c’est une conséquence directe de politiques insuffisantes, d’un manque de perspectives et d’une absence de transparence.
Poser la question de l’utilisation de ces fonds ne devrait jamais conduire à la répression. Pourtant, en 2021, cette exigence de vérité m’a valu la prison. Cela en dit long sur la place accordée à la recevabilité dans notre espace public. Or, sans transparence, il ne peut y avoir ni confiance, ni efficacité dans l’action.
On ne retient pas une jeunesse avec des promesses.
On la retient avec des résultats, des emplois, une éducation adaptée et un État qui rend des comptes.
Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les discours, même prononcés sur les plus grandes tribunes internationales, resteront des mots sans portée. Et face à la détresse de toute une génération, cela n’est plus seulement insuffisant,
C’est inacceptable.
Promesse à l’Onu, vérité réprimée au Sénégal.
Quelle farce !!!
Boubacar Seye
Chercheur et consultant en migrations internationales
Président d’horizon Sans Frontières



