Mauritanie : Horizon Sans Frontières alerte sur la détention prolongée de 40 Sénégalais

L’organisation Horizon Sans Frontières tire la sonnette d’alarme sur le sort de 40 ressortissants sénégalais détenus en Mauritanie depuis mars 2025.
À travers un appel pressant adressé aux autorités sénégalaises, les familles dénoncent une détention qui dure depuis plus de quinze mois, sans jugement, dans des conditions jugées préoccupantes.
Selon les informations recueillies par HSF, ces Sénégalais ont été interpellés à Nouadhibou lors d’opérations de lutte contre l’émigration irrégulière, avant d’être transférés à Nouakchott, où ils seraient toujours incarcérés.
Leurs proches affirment ne disposer d’aucune information précise sur l’évolution de leur dossier judiciaire, ce qui alimente un profond sentiment d’abandon.
Les familles décrivent une situation devenue insoutenable. Les contacts avec les détenus se feraient de plus en plus rares, alors que plusieurs d’entre eux assuraient l’essentiel des revenus de leurs foyers.
Cette longue séparation affecte durement leurs épouses, leurs enfants et leurs parents.
« Ils meurent à petit feu. Nous demandons simplement leur rapatriement. Les abandonner dans des prisons étrangères est inhumain », confie un proche d’un détenu.
Face au manque d’informations, certaines familles ont même envoyé des proches en Mauritanie pour tenter d’en savoir davantage sur les conditions de détention et apporter une assistance aux prisonniers.
Craignant que cette affaire ne tombe dans l’oubli, les familles appellent les autorités sénégalaises à intervenir rapidement sur le plan diplomatique afin de faire avancer le dossier et mettre fin à ce qu’elles qualifient de situation humanitaire préoccupante.
Pour le président de HSF, Boubacar Sèye, l’urgence est désormais d’engager des discussions avec les autorités mauritaniennes pour obtenir soit la libération, soit le rapatriement des détenus.
« Au-delà des considérations migratoires, il s’agit d’une question de dignité humaine et de protection consulaire de nos compatriotes », plaide-t-il, appelant l’État du Sénégal à agir avant que la situation ne se dégrade davantage.



