
Le lutteur sénégalais Amanékh a vécu une expérience qui aurait pu tourner au drame. Parti en mer pour une sortie de pêche, il s’est retrouvé à la dérive pendant six jours, après une panne du moteur de sa pirogue en pleine mer. Secouru dimanche dernier au large de Conakry, il raconte les moments particulièrement difficiles qu’il a traversés.
Tout bascule lorsqu’une forte pluie s’abat sur la zone où se trouve sa pirogue, au moment où le moteur tombe en panne. Incapable de regagner la côte, Amanékh doit alors lutter pour sa survie, livré aux éléments et sans réserve d’eau potable.
« J’ai profité de la pluie pour avoir des réserves d’eau. Avant, je buvais l’eau de la mer », raconte le lutteur, témoignant de la gravité de sa situation.
Sa pirogue frôle la collision avec un navire
Au cours de ces six jours de dérive, Amanékh a également échappé de peu à une collision avec un grand bateau. Selon son récit, sa pirogue a failli être percutée de plein fouet.
« C’est la vague qu’il a frappée qui a fait bouger ma pirogue. Sinon, le bateau allait m’écraser », explique-t-il, encore marqué par cet épisode où sa vie n’a tenu qu’à un mouvement de la houle.
Huit bateaux passent sans s’arrêter
Après plusieurs jours en mer, le lutteur tente désespérément d’attirer l’attention des navires qui croisent sa route. Il affirme avoir sollicité l’aide d’au moins huit bateaux, sans succès.
« Ils ne voulaient pas s’arrêter. Ce sont les grands bateaux, ils font leur travail et ne veulent pas perdre de temps », témoigne-t-il.
C’est finalement un petit bateau en direction d’Abidjan qui repère Amanékh. À bout de forces, le lutteur raconte avoir presque perdu tout espoir.
« J’étais exténué. J’ai prié et je me suis couché sur la pirogue. Quelques minutes plus tard, le bateau est venu », relate-t-il.
À bord se trouvaient quatre personnes, dont un Américain et trois Indiens. Elles ont recueilli Amanékh et échangé avec lui sur les circonstances de son naufrage.
La Marine sénégalaise intervient
Le sauvetage a ensuite pris une nouvelle tournure lorsqu’un membre de l’équipage a photographié Amanékh et sa pirogue avant de transmettre les images à la Marine nationale sénégalaise. Les autorités ont alors pris le relais pour organiser la suite de l’opération de secours.
Sain et sauf après six jours d’angoisse en haute mer, Amanékh a finalement pu retrouver la terre ferme. Cette mésaventure rappelle une nouvelle fois les dangers auxquels sont confrontés les pêcheurs artisanaux sénégalais lors de leurs sorties en haute mer, où quelques minutes peuvent parfois faire la différence entre la vie et la mort.



