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Le PJF relance Interpol pour faire arrêter Amadou Sall

Le fils de l’ancien président Macky Sall reste dans le viseur de la justice financière sénégalaise. Dans une correspondance datée du 30 juillet 2026, le juge d’instruction du premier cabinet du Pool judiciaire financier (PJF) a relancé le Bureau central national (BCN) d’Interpol à Dakar afin d’obtenir l’exécution du mandat d’arrêt international visant Amadou Macky Sall, poursuivi dans une affaire portant sur près de 31,9 milliards de francs CFA.

Le Pool judiciaire financier maintient ainsi la pression sur Amadou Macky Sall, qui se trouverait toujours hors du territoire national. Pour accélérer l’exécution du mandat d’arrêt international délivré contre lui, le juge d’instruction du premier cabinet, Idrissa Diarra, a de nouveau saisi le BCN d’Interpol à Dakar.

Dans son courrier adressé au commissaire de police, chef du BCN Interpol, le magistrat rappelle l’existence du mandat et demande que toutes les diligences nécessaires soient entreprises en vue de l’arrestation du mis en cause et de son rapatriement au Sénégal.

Amadou Sall est visé par une information judiciaire portant notamment sur des faits présumés d’association de malfaiteurs en groupe criminel organisé, d’abus de biens sociaux et de complicité d’escroquerie portant sur les deniers publics. Le montant global concerné par la procédure est estimé à 31 milliards 885 millions 944 mille 444 francs CFA.

Des flux financiers dans le viseur des enquêteurs

À l’origine de cette procédure figurent les conclusions d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), daté du 20 décembre 2024.

Selon les éléments repris dans le mandat d’arrêt, Mouhamadou Ngom, dit Farba, aurait utilisé des bons de caisse pour dissimuler des fonds provenant du Trésor public, avant leur transfert au profit de Seydou Sarr, dit Tahirou. Les montants concernés auraient atteint 10 milliards de francs CFA.

Les investigations auraient également révélé des mouvements financiers au profit de la société Woodrose Investment Ltd, dont les comptes sont ouverts à la NSIA Banque. Cette société est détenue par Ndèye Seynabou Ndiaye, présentée comme sa gérante et son unique associée.

Le rôle présumé d’Amadou Sall dans le fonctionnement de cette structure constitue un autre volet important des investigations. D’après les éléments de la procédure, Ndèye Seynabou Ndiaye lui aurait délivré une procuration l’autorisant à ouvrir et à gérer le compte bancaire de Woodrose Investment Ltd.

Pour le juge d’instruction, cette délégation de pouvoir serait un indice du contrôle effectif exercé par Amadou Sall sur les mouvements financiers de la société. Le magistrat estime qu’il en serait le bénéficiaire économique ultime.

Un mandat de comparution resté sans effet

La procédure a connu une nouvelle évolution après l’échec de la tentative de comparution du fils de l’ancien président. Un mandat de comparution avait été délivré contre lui le 18 avril 2025, mais son exécution n’avait pu aboutir en raison de son absence du territoire national.

Le juge d’instruction avait ensuite franchi une nouvelle étape en délivrant, le 1er avril 2026, un mandat d’arrêt international. La correspondance adressée à Interpol vise désormais à obtenir l’exécution effective de cette mesure.

Le magistrat ne s’est pas limité à demander l’arrestation du mis en cause. Il réclame également un compte rendu rapide des diligences effectuées, accompagné des pièces justificatives. En cas d’échec des recherches, il exige l’établissement d’un procès-verbal constatant leur caractère infructueux.

Plusieurs proches déjà inculpés

Cette affaire, qui implique plusieurs personnes de l’entourage d’Amadou Sall, a déjà donné lieu à plusieurs inculpations. Toutefois, certains protagonistes présumés n’ont pas encore été entendus par le magistrat instructeur.

C’est notamment le cas de Mamadou Abel Sy, fondateur d’Afitech et directeur général de Sunubet. Parti du Sénégal peu avant le déclenchement des premières interpellations, il serait actuellement localisé en Côte d’Ivoire.

En relançant Interpol, le Pool judiciaire financier entend ainsi faire avancer les recherches et obtenir la comparution des personnes visées par cette procédure.

 

Avec Salamtv

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