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Affaire Azoura Fall : Me Ciré Clédor Ly conteste les poursuites et soulève plusieurs nullités devant le tribunal

Le militant de Pastef les Patriotes, Assane Guèye, plus connu sous le nom d’« Azoura Fall », a comparu ce mardi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar.

Placé sous mandat de dépôt depuis le 29 mai 2026 pour offense au chef de l’État, il n’a finalement pas été jugé, la défense ayant soulevé plusieurs exceptions de procédure.

Présenté comme agriculteur et vendeur de véhicules domicilié à la Patte d’Oie, Assane Guèye a vu son dossier renvoyé après les contestations formulées par son avocat, Me Ciré Clédor Ly.

S’appuyant sur les articles 618 et 619 du Code de procédure pénale, l’avocat a invoqué l’irrecevabilité de l’action publique.

Selon lui, le procureur de la République n’est pas habilité à engager des poursuites pour offense au chef de l’État sans une initiative préalable du président de la République.

« C’est une occasion pour la défense de rectifier certaines anomalies. Le procureur ne peut poursuivre si le président de la République n’a pas mis en mouvement l’action publique », a soutenu Me Ly.

L’avocat a également soulevé plusieurs nullités dans la procédure d’enquête, en se référant notamment à l’article 63 du Code de procédure pénale. Il a estimé que les droits de la défense n’avaient pas été pleinement respectés lors de la garde à vue de son client.

« Je l’ai assisté depuis la police. Le procureur ne pouvait pas ignorer mon existence. Il faut que ces abus cessent. Azoura ne devait pas être arrêté », a-t-il déclaré.

Dans la même dynamique, Me Ciré Clédor Ly a informé le tribunal avoir saisi la Chambre d’accusation d’une plainte visant le commissaire de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).

La défense a, par ailleurs, déposé une ordonnance aux fins d’internement psychiatrique d’Assane Guèye, estimant que son état de santé relève des dispositions de l’article 50 du Code pénal.

« Les médecins indiquent qu’il doit bénéficier d’un suivi psychiatrique », a plaidé l’avocat.

Le parquet a rejeté l’ensemble de ces arguments. Selon le procureur de la République, l’infraction d’offense au chef de l’État ne constitue pas un délit de presse et relève bien de sa compétence.

« On veut assimiler toutes les infractions commises par voie de diffusion publique à des délits de presse. Les dispositions de l’article 618 sont pourtant clairement énumérées.

L’offense au chef de l’État n’est pas un délit de presse », a-t-il soutenu, en invoquant l’article 254 pour justifier la légalité des poursuites engagées.

Concernant les nullités soulevées par la défense, le ministère public a estimé que celle-ci était parfaitement informée de la situation de son client placé en garde à vue dans le cadre d’une procédure de flagrant délit.

Sur la question de l’état de santé d’Assane Guèye, le procureur a rappelé qu’une ordonnance d’internement avait déjà été prise en février dernier à la suite d’un diagnostic médical faisant état de plusieurs troubles psychologiques.

Il a précisé qu’après quinze jours d’hospitalisation, les conseils du prévenu avaient eux-mêmes sollicité la levée de cette mesure.

Selon le parquet, un rapport médical établi le 25 mars par son médecin traitant, Dr Momar Camara, concluait à une amélioration de son état de santé, lui permettant de suivre un traitement ambulatoire et de reprendre ses activités habituelles.

En réponse, la défense a réaffirmé que l’amélioration de l’état d’un patient ne signifiait pas sa guérison complète et a maintenu que son client relevait toujours des dispositions de l’article 50.

À l’issue des débats, le tribunal a mis en délibéré les exceptions soulevées et rendra sa décision le 9 juin prochain.
La demande de liberté provisoire introduite par la défense, notamment en raison d’un rendez-vous médical prévu ce vendredi, a été rejetée.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, estimant qu’il subsistait un trouble à l’ordre public ainsi qu’une absence de garanties suffisantes de représentation en justice.

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