Enquête judiciaire : L’AS Monaco et la RD Congo visés pour corruption et détournement de fonds
Le AS Monaco se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire sensible impliquant la République démocratique du Congo.

Le parquet général de Monaco a ouvert une enquête préliminaire pour « corruption », « blanchiment » et « détournement de fonds » autour du partenariat signé entre le club monégasque et l’État congolais.
Un partenariat sous suspicion
L’accord, officialisé en juin 2025, visait à promouvoir l’image et l’attractivité touristique de la RD Congo via la visibilité offerte par l’AS Monaco sur la scène européenne. La procédure judiciaire a été déclenchée après la transmission du dossier par le Parquet national financier aux autorités monégasques, sur la base d’une plainte déposée début septembre par l’avocat Hervé Diakiese au nom de deux citoyens congolais résidant en France.
Les plaignants pointent du doigt le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, soupçonné d’avoir signé un contrat estimé à 4,8 millions d’euros sur trois ans sans appel d’offres ni validation claire dans les documents budgétaires officiels, dénonçant une opacité administrative et un risque de mauvaise gestion des fonds publics.
Positions défensives et investigations en cours
Le ministre Budimbu conteste fermement toute irrégularité, affirmant que l’accord a été conclu « dans le respect des procédures gouvernementales » et validé par les autorités compétentes. Du côté de l’AS Monaco, le directeur général Thiago Scuro assure que toutes les précautions ont été prises avant la signature du partenariat.
Malgré ces déclarations, le parquet monégasque a jugé nécessaire d’ouvrir une enquête pour vérifier la présence éventuelle d’infractions pénales et de flux financiers suspects. L’investigation est désormais menée par les services spécialisés de la sûreté publique de la Principauté sous l’autorité du procureur général Stéphane Thibault.
Un contexte plus large
Cette affaire pourrait dépasser Monaco : la RD Congo a récemment signé d’autres partenariats avec des clubs européens tels que FC Barcelone et AC Milan pour des montants cumulés proches de 90 millions d’euros. Les plaignants n’excluent pas de saisir également la justice espagnole et italienne pour examiner ces contrats.
À titre de comparaison, plusieurs clubs européens, dont Arsenal, Paris Saint‑Germain et Bayern Munich, ont depuis des années des partenariats de promotion touristique avec le Rwanda sans déclencher de procédures judiciaires comparables, rappelant que tous les accords étatiques dans le football ne provoquent pas la même controverse.
Cette enquête, qui mêle football, finances publiques et enjeux internationaux, reste donc à suivre de près, tant pour le club monégasque que pour la RD Congo.



