FMI : Rationalisation des dépenses, gestion de la dette… les principales réformes envisagées pour le Sénégal

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, a séjourné à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026 pour des discussions avec les autorités sénégalaises.
À l’issue de cette mission, le FMI a annoncé que ses services et les autorités sénégalaises étaient parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques, susceptible de servir de base à un nouveau programme de réformes économiques et financières.
Ce futur programme, d’une durée de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), porterait sur environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de DTS, représentant 475 % de la quote part du Sénégal. L’accord reste toutefois soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI.
Assainir les finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables
Les réformes envisagées visent principalement à rétablir durablement la viabilité des finances publiques et de la dette, tout en préservant les ménages les plus vulnérables.
La stratégie budgétaire devrait notamment reposer sur une meilleure mobilisation des recettes intérieures et une rationalisation des dépenses publiques. Le FMI insiste également sur le renforcement des mécanismes de protection sociale, notamment à travers des transferts monétaires ciblés.
Une stratégie de recettes à partir de 2027
Les autorités sénégalaises prévoient par ailleurs d’adopter, en 2027, une stratégie de recettes à moyen terme. Celle ci devrait permettre d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures et de dégager davantage de marges budgétaires pour financer les dépenses prioritaires.
Le futur programme prévoit également un renforcement de la gouvernance budgétaire, notamment à travers une meilleure gestion de la dette publique, un suivi plus rigoureux des arriérés intérieurs et une supervision accrue des entreprises publiques.
Des mesures destinées à améliorer l’environnement des affaires et à favoriser l’inclusion financière devraient également être mises en œuvre afin de soutenir une croissance davantage tirée par le secteur privé.
Le Sénégal envisage un traitement de sa dette
Autre annonce importante : Les autorités sénégalaises ont fait part de leur intention de solliciter un traitement de la dette, avec pour objectif de rétablir sa viabilité.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par les efforts engagés par Dakar pour assainir les finances publiques et restaurer la confiance des partenaires financiers.
Le FMI appelle à renforcer les mécanismes de contrôle
Le FMI a également évoqué les vulnérabilités révélées par le précédent épisode de communication d’informations financières erronées.
L’institution salue la poursuite de l’engagement des autorités sénégalaises et leur volonté de remédier aux faiblesses identifiées. Elle estime néanmoins que des actions supplémentaires seront nécessaires pour régler durablement ces problèmes et renforcer les mécanismes de contrôle afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
Une économie qui reste résiliente
Sur le plan économique, le FMI estime que le Sénégal a fait preuve de résilience. La croissance s’est établie à 6,7 % en 2025, portée notamment par la première année complète de production pétrolière.
En revanche, la croissance hors hydrocarbures a ralenti à 2,2 %, tandis que l’inflation est restée maîtrisée à 1,4 %, dans la fourchette cible.
La tendance s’est toutefois améliorée au premier trimestre 2026, avec un rebond de la croissance du PIB hors hydrocarbures à 4,7 % en glissement annuel, soutenue notamment par la vigueur de la consommation privée.
Le futur programme doit désormais franchir les prochaines étapes institutionnelles avant une éventuelle approbation définitive par le Conseil d’administration du FMI.




