Cameroun : Paul Biya de retour après 74 jours d’absence, la polémique constitutionnelle persiste

Le président camerounais Paul Biya a regagné Yaoundé ce jeudi 20 août, après 74 jours passés hors du pays.
Parti le 7 juin dernier pour un « séjour privé » en Europe, le chef de l’État, âgé de 93 ans, effectue ainsi son retour dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations sur son absence et son état de santé.
L’avion présidentiel s’est posé à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen ce jeudi. Durant plus de deux mois, l’absence prolongée de Paul Biya avait alimenté de nombreuses spéculations sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique :
hospitalisation, état de santé préoccupant ou encore éventuelle vacance du pouvoir.
Les autorités camerounaises, de leur côté, sont restées particulièrement discrètes sur la situation du président, se limitant à quelques communications officielles sans fournir davantage de détails sur son séjour.
L’opposition dénonce un « vide institutionnel »
Au delà des rumeurs, l’absence prolongée du chef de l’État a relancé le débat sur les dispositions constitutionnelles relatives à l’empêchement du président de la République.
L’opposition estime notamment que la durée de cette absence aurait dû conduire à l’activation des mécanismes prévus par la Constitution pour assurer la continuité de l’État.
Elle dénonce ainsi un possible « vide institutionnel ».
Le gouvernement rejette ces critiques et affirme qu’il n’y a jamais eu de vacance du pouvoir, considérant que les institutions ont continué à fonctionner normalement durant l’absence du président.
Un retour sous haute surveillance
À son arrivée à Yaoundé, Paul Biya a été accueilli par plusieurs centaines de partisans, dans un important dispositif de sécurité.
La télévision publique a largement couvert son retour, présenté comme un signe de continuité des institutions.
Sur les réseaux sociaux, cependant, les réactions restent partagées. Si certains Camerounais saluent le retour du chef de l’État, d’autres continuent de s’interroger sur les raisons de cette longue absence et sur la transparence de la communication officielle.
Au pouvoir depuis près de 44 ans, Paul Biya retrouve ainsi ses fonctions dans un contexte politique toujours marqué par les interrogations sur sa gouvernance et sur les mécanismes de succession ou de suppléance à la tête de l’État.
Une réception des Lionnes Indomptables est par ailleurs annoncée au palais présidentiel, comme pour marquer le retour à une certaine normalité institutionnelle.




