Gouvernance et fonds secrets : Ousmane Sonko s’explique sur son différend avec le chef de l’État

Le leader de Pastef et président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, s’est exprimé face à la presse nationale pour clarifier les motifs de son différend avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Écartant d’emblée toute querelle ou rivalité politique personnelle, Ousmane Sonko affirme que leurs divergences portent essentiellement sur le respect des engagements pris devant le peuple sénégalais, notamment en matière de transparence, de bonne gouvernance et d’encadrement des fonds spéciaux, communément appelés « caisses noires ».
Des divergences sur la gestion des fonds spéciaux
Selon Ousmane Sonko, le désaccord avec le chef de l’État ne relève pas d’une ambition personnelle ou d’une rivalité politique. Il s’inscrit, selon lui, dans une volonté de renforcer la traçabilité et la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Le leader de Pastef a également évoqué des divergences de fond concernant la préservation de la souveraineté du Sénégal sur ses ressources nationales, estimant que ces questions doivent rester au cœur des engagements pris devant les Sénégalais.
Cette prise de parole intervient alors que le débat sur les fonds spéciaux et leur utilisation alimente les discussions sur la gouvernance de l’État.
Ousmane Sonko entend ainsi apporter sa version des faits et préciser les raisons qui, selon lui, expliquent ses désaccords avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Dans un exercice qu’il qualifie de « vérité », Ousmane Sonko affirme n’avoir jamais bénéficié personnellement de ces fonds. « Je n’ai jamais touché un franc de ces fonds. J’ai demandé à mon DAGE de ne jamais me donner le moindre franc sur les fonds, mais aussi de ne jamais remettre de l’argent en cash aux demandeurs », a t il déclaré.
Selon lui, les aides à caractère social devaient être directement réglées auprès des structures concernées. « Pour une ordonnance, il devait aller acheter à la pharmacie. Pour une facture d’hôpital, payer directement à la structure », a-t-il expliqué.
940,56 millions FCFA pour l’acquisition de 27 véhicules
Revenant sur les crédits supplémentaires évoqués, l’ancien Premier ministre a notamment cité une enveloppe de 940,560 millions de francs CFA destinée à l’acquisition de 27 véhicules auprès de l’Office national de recouvrement (ONR).
Ousmane Sonko explique avoir souhaité acquérir ces véhicules à moitié prix afin de réaliser une économie au profit de l’État. Il précise toutefois que les véhicules ont été livrés après son départ de la Primature.
D’autres dépenses ont également été évoquées, notamment 100 millions de francs CFA consacrés à la commémoration des tirailleurs de Thiaroye, 87 millions de francs CFA destinés à l’évaluation et à l’audit technique de la gestion des inondations, ainsi que 44 millions de francs CFA pour les travaux de remise aux normes du Building administratif.
L’ancien Premier ministre a également mentionné des dépenses liées au dédouanement et à la récupération de matériels.
À travers ces explications, Ousmane Sonko dit vouloir établir une distinction claire entre les aides sociales et les crédits destinés au fonctionnement de l’État, tout en rejetant toute accusation d’appropriation personnelle des fonds supplémentaires sollicités.



