Liberté provisoire pour Moustapha Diop après plus d’un an de détention

Le ministre, maire et député de la région de Louga, ainsi que président du parti Farlu, Moustapha Diop, a obtenu une liberté provisoire ce mercredi 3 juin 2026, après un an et douze jours de détention. La décision a été prise par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice.
Moustapha Diop était poursuivi dans le cadre de l’affaire relative à la gestion des fonds destinés à l’acquisition de masques de protection contre la Covid-19. Initialement, il était accusé d’un détournement présumé de 2,5 milliards de francs CFA, une procédure qui avait conduit à la levée de son immunité parlementaire afin qu’il puisse répondre devant la justice.
Avant même cette levée d’immunité, l’ancien ministre s’était distingué en assurant lui-même sa défense devant l’Assemblée nationale, sans l’assistance d’un avocat. Il avait alors proclamé son innocence, invitant les députés à voter massivement en faveur de la levée de son immunité afin de lui permettre de faire face à la justice. Lors de son intervention, il s’était déclaré « blanc comme neige », affirmant n’avoir commis aucun détournement et assurant ne craindre que Dieu.
Au cours de l’instruction, le montant initialement évoqué de 2,5 milliards de francs CFA a été progressivement revu à la baisse. Selon les informations disponibles, il est passé à 938 millions de francs CFA avant d’être finalement ramené à 12 millions de francs CFA.
D’après les éléments versés au dossier, plusieurs fournisseurs auraient produit des bordereaux de livraison, des factures, des bons de commande ainsi que des photographies attestant du paiement des prestations et de la livraison effective des masques commandés.
Malgré ces éléments, une caution de 120 millions de francs CFA a été exigée pour l’octroi d’une liberté provisoire. Dans un premier temps, Moustapha Diop avait refusé de s’en acquitter, estimant que les 300 000 masques concernés, évalués à environ 120 millions de francs CFA, avaient effectivement été livrés et que les justificatifs nécessaires avaient déjà été transmis à la Commission d’instruction.
Par la suite, l’ancien ministre a récupéré les bordereaux de livraison et les factures pro forma relatifs à ces masques. Il envisageait de les soumettre à nouveau à la Commission afin de permettre de nouvelles vérifications. Toutefois, ses avocats lui auraient conseillé de verser la caution pour recouvrer sa liberté, tout en poursuivant la contestation sur le fond du dossier dans l’espoir d’obtenir un non-lieu et le remboursement de la somme consignée.
Longtemps opposé à cette option, Moustapha Diop s’était montré déterminé à rester en détention plutôt que de verser une caution qu’il jugeait injustifiée. Finalement, il a accepté de s’en acquitter ce mercredi 3 juin 2026, ouvrant ainsi la voie à sa remise en liberté provisoire.
Pour ses partisans, l’un des aspects les plus marquants de cette affaire demeure l’écart entre le montant finalement contesté, évalué à 12 millions de francs CFA, et la caution fixée à 120 millions de francs CFA.
Cette décision est accueillie avec soulagement par les militants du parti Farlu, tant au Sénégal que dans la diaspora, particulièrement à Louga où ses sympathisants préparent un accueil chaleureux à leur leader.
La défense de Moustapha Diop est assurée par un collectif composé notamment de Me Oumar Youm, Me Borso Pouye, Me Moustapha Mbow, Me Dione, Me Boubacar Cissé et Me Abdou Dialy Kane.



