Fonds politiques : Le Pr Bassirou Diomaye Faye assume une « opacité nécessaire » au nom de l’efficacité de l’État

Face à la presse ce Samedi 2 Mai, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est exprimé sur la question sensible des fonds politiques.
Entre exigence de transparence et impératifs liés à l’action publique, le chef de l’État a défendu une position d’équilibre, assumant ce qu’il qualifie d’« opacité nécessaire ».
Interpellé sur ces ressources souvent perçues comme une zone grise des finances publiques, le président a rejeté toute lecture simpliste.
« Si on disait tout, les Sénégalais auraient une autre impression », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les interprétations que pourrait susciter une transparence totale.
Selon lui, les fonds politiques répondent à des besoins concrets et parfois urgents de l’État : activités de renseignement, appui à des pays partenaires, gestion de situations sensibles ou encore aides ponctuelles à des citoyens.
« Il y a des actes qu’un État doit poser », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de concilier discrétion et réactivité.
Le président a toutefois reconnu l’importance d’un mécanisme de contrôle, tout en alertant sur les risques d’une régulation trop contraignante.
« Le contrôle ne doit pas être une contrainte », a-t-il précisé, plaidant pour un encadrement souple afin de préserver l’efficacité de l’action publique.
Cette position relance le débat sur l’équilibre entre transparence démocratique et confidentialité stratégique. Jusqu’où peut aller l’opacité au nom de l’intérêt supérieur de l’État ?
La question reste posée, d’autant plus dans un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires et une croissance estimée à 1,6 %.
Se voulant lucide, le chef de l’État a reconnu les difficultés : « Nous ne pouvons pas dire que tout marche dans ce pays. Il n’y a pas de pays où tout va bien », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, il a mis en avant les efforts de rigueur budgétaire engagés par son gouvernement.
Le déficit public serait passé de 12 % à 6 % en un an, tandis que certaines mesures sociales ont été maintenues, notamment des indemnités en faveur de catégories spécifiques.
Dans une logique de rationalisation des dépenses, le président a également rappelé la suppression du Haut Conseil des Collectivités Territoriales et du Conseil économique, social et environnemental du Sénégal, deux institutions souvent critiquées pour leur coût.
Une décision présentée comme une rupture visant à réorienter les ressources vers des secteurs prioritaires.
Les économies réalisées auraient ainsi été injectées dans des domaines essentiels, notamment l’éducation, avec le recrutement d’enseignants et la résorption progressive des abris provisoires.
Sur le plan social, le président a insisté sur la régularité des salaires et le respect des engagements de l’État. « Nous n’avons pas de retard de salaire, encore moins d’accords non tenus », a-t-il assuré.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a défendu une politique axée sur des résultats concrets, notamment en matière de pouvoir d’achat.
« Il suffit de comparer les prix à notre arrivée et ceux d’aujourd’hui », a-t-il conclu, revendiquant des mesures ayant un impact direct sur le quotidien des Sénégalais.



