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ONU : Macky Sall ouvre le dialogue avec les candidats au poste de Secrétaire général (New York, 22 avril 2026)

Madame la Présidente,
En même temps, des perspectives inédites s’offrent au monde, avec l’avancée fulgurante des technologies, particulièrement l’intelligence artificielle. Gouvernée avec sagesse, la révolution technologique est un formidable accélérateur de progrès au service de l’humanité.

Devant l’urgence des défis et la promesse des opportunités, le multilatéralisme demeure le cadre indispensable de nos ambitions communes : sauvegarder la paix et la sécurité internationales, protéger les droits humains, promouvoir le développement et favoriser la coopération entre les peuples.

C’est l’esprit dans lequel je soumets ma candidature aux États membres.

Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une expérience de près de quarante ans de responsabilités publiques, du bas de l’échelle au sommet de l’État, comme fonctionnaire junior, Directeur national, maire, ministre, Premier Ministre, Président de l’Assemblée nationale et Chef de l’État pendant douze ans.

Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une tradition d’échanges de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés, en Afrique, au G7, au G20 et dans d’autres cadres bilatéraux et multilatéraux.

De ce parcours, j’ai appris à dialoguer, écouter, et consulter. J’ai appris à conduire des réformes, arbitrer entre des priorités et prendre des décisions parfois difficiles.

Je crois, en toute humilité, qu’en ces temps difficiles pour l’Organisation, l’épreuve du pouvoir m’a préparé à comprendre les attentes des États membres et à agir pour y répondre efficacement.

Mesdames, Messieurs,

Si j’ai l’honneur de servir comme Secrétaire général, ma première priorité sera de contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir dans notre action collective.

Comme le veut la Charte des Nations Unies, je serai un Secrétaire général impartial, qui parle à tous, et qui écoute tous.

Je serai un Secrétaire général qui rassemble ; un Secrétaire général bâtisseur de ponts entre les nations, entre les cultures et les civilisations, entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud.

Je lancerai sans délai une diplomatie préventive plus active dans l’alerte précoce, la médiation et la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales.

J’engagerai avec les États membres une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix.
Je travaillerai également à maintenir les droits humains au cœur de l’agenda des Nations Unies.

Les droits humains sont universels. Ils sont inséparables les uns des autres. Ils sont civils et politiques. Ils sont aussi économiques, sociaux et culturels.

La Charte de l’Organisation nous engage à les protéger sur la base des principes fondamentaux qui consacrent la primauté du droit et le besoin de justice.

De même, à quatre ans de l’évaluation finale de l’Agenda 2030, je veillerai à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable et aux perspectives de l’agenda après 2030.

En ce 22 avril, la Journée de la Terre nous rappelle l’urgence des menaces environnementales qui pèsent qui pèsent sur notre planète.
Le poids de la dette est devenu insoutenable pour de nombreux pays.
Les inégalités se creusent, frappant d’abord les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes.

Certes, la coopération pour le développement garde toute son utilité. Mais mon expérience à la tête d’un pays en développement m’a appris que les financements publics restent insuffisants et difficiles à mobiliser, notamment pour les infrastructures de développement.

Or, sans les investissements structurants, il ne peut y avoir de transformation économique et de création massive d’emplois.

C’est pourquoi je propose que le financement du développement soit davantage porté par le partenariat, l’investissement et le commerce appuyés par un meilleur accès au crédit, afin de soutenir une croissance et une prospérité partagées.

Le Forum sur le financement du développement, qui réunit chaque année à New York les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods, l’OMC, la CNUCED et le secteur privé pourrait en être le catalyseur, avec l’appui de l’OCDE et des pays partenaires.

En créant les conditions d’une vie meilleure pour tous, nous réduirons en même temps les sources de migrations irrégulières.

Madame la Présidente,

S’agissant de l’Organisation, je suis convaincu qu’elle peut et doit changer.

Si je suis élu, je continuerai les efforts de réforme par une gestion transparente et rigoureuse. Trois impératifs guideront mon action : rationaliser, simplifier, optimiser.

Je veillerai à une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes, pour éviter les duplications et rendre l’action de l’Organisation mieux adaptée aux réalités du terrain.

Chaque dépense effectuée doit répondre aux efforts et aux attentes des Etats membres.

Faire évoluer les Nations Unies, c’est aussi réformer le Conseil de sécurité sur une base consensuelle, qui renforce la légitimité, l’autorité et l’efficacité de son action. J’accompagnerai les États membres dans le processus en cours.

Je donnerai le meilleur de moi-même pour une Organisation réconciliée avec ses principes, une Organisation revitalisée et à la hauteur des défis de notre temps.

Madame President, Ladies and Gentlemen,
Today, we are at a crossroads.
A crossroads between a world of divided nations or a world of United Nations.
Trust is built through consistency, fairness, and results.

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