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Une lettre ouverte alerte le Président Bassirou Diomaye Faye sur la menace pesant sur l’intégrité territoriale de Fandène

Monsieur le Président de la République,
C’est avec un réel honneur que nous vous souhaitons la bienvenue à Thiès, ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement, à l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance de notre cher Sénégal, ce 4 avril 2026.

Nous tenons à nous féliciter du choix porté sur Thiès, capitale du rail, pour accueillir cet événement d’envergure nationale. Ce choix est hautement symbolique et constitue une reconnaissance du rôle historique, économique et culturel que joue la ville de Thiès dans la construction et le développement du Sénégal.

Nous saluons également les ambitions affichées à travers le projet de l’Acte 4 de la décentralisation, qui augure d’évolutions notables dans la territorialisation des politiques publiques. Cette réforme, si elle est conduite avec équité et concertation, pourrait renforcer la gouvernance locale et rapprocher davantage l’action publique des citoyens.

Cependant, Monsieur le Président, nous souhaiterions attirer respectueusement votre attention sur une préoccupation majeure qui suscite inquiétude et incompréhension au sein des populations : les tentatives d’annexion, de suppression ou de rattachement de certains villages de la commune de Fandène aux communes limitrophes de Thiès (Est, Ouest, Nord), voire à la Ville de Thiès elle-même.

Ces démarches, motivées essentiellement par des logiques d’expansion territoriale et d’appétit foncier, risquent de porter atteinte à l’intégrité territoriale d’une commune historique, l’une des plus anciennes collectivités rurales du Sénégal. Elles menacent également la stabilité sociale et les droits légitimes des populations qui y vivent depuis des générations.

Nous estimons que les communes de Thiès Ville, Est, Ouest et Nord font face à des défis quotidiens autrement plus urgents et structurants, qu’elles doivent s’employer à résoudre : une offre de santé défaillante, des établissements scolaires publics en manque criant de ressources, des infrastructures routières insuffisantes et des problématiques environnementales préoccupantes.

Dans ce contexte, l’extension territoriale ne saurait constituer une réponse adéquate au bien-être des populations. Elle semble plutôt guidée par une volonté de contrôle foncier, au détriment des intérêts des communautés concernées.

Monsieur le Président, le fils du monde rural que vous êtes, mesurez parfaitement toute l’importance que revêt la terre pour nos populations : elle est à la fois patrimoine, identité et moyen de subsistance. C’est pourquoi nous espérons que vous ne cautionnerez aucune initiative susceptible de fragiliser ces équilibres et que vous ne signerez aucun décret allant dans ce sens.

Nous vous invitons à veiller à la préservation des limites administratives existantes entre Fandène et ses communes limitrophes, dans le respect des droits des populations locales et dans un esprit de justice territoriale.

En vous renouvelant notre bienvenue à Thiès, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Seydina Omar BA
Habitant de la Commune de Fandene
Président de « DEFAR – Les Bâtisseurs »

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