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Mort de Fallou Sène : Le gendarme reconnaît avoir tiré, un an de prison dont six mois ferme requis

Huit ans après la mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, tué le 15 mai 2018 lors des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint Louis, l’affaire a été examinée ce vendredi devant le tribunal militaire.

À la barre, Serigne Moustapha Sané, sous-lieutenant de gendarmerie au moment des faits, a reconnu avoir ouvert le feu sur les manifestants. Il est poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Au cours de l’audience, les débats ont notamment porté sur les conclusions de l’autopsie et les éléments issus de la confrontation.

Pour justifier son geste, l’accusé a expliqué qu’il intervenait dans le cadre d’une mission officielle de maintien de l’ordre et qu’il avait fait usage de son arme pour protéger son commandant, Abdou Diop, ainsi que d’autres gendarmes blessés et pris à partie par les étudiants.

Le militaire affirme avoir effectué trois tirs de sommation avant un quatrième coup de feu, qu’il dit avoir dirigé vers les membres inférieurs des manifestants.

Une version qui a suscité des interrogations au cours des débats, notamment sur le choix de l’arme utilisée. Selon les éléments évoqués à l’audience, il disposait d’un pistolet automatique de 9 mm, mais a finalement fait usage d’un fusil M16.

Les témoignages des étudiants contredisent la version de l’accusé

Entendu en qualité de témoin, le commandant Abdou Diop, qui dirigeait l’intervention au moment des faits, a confirmé que son subordonné avait utilisé son arme pour protéger les éléments de son unité et disperser la foule.

Il a également évoqué les blessures subies par plusieurs gendarmes, dont Pape Matar Diop.

Deux représentants de la Coordination des étudiants de SaintbLouis, parmi lesquels l’ancien président en fonction au moment des événements, M. Diop, ont également été entendus.

Leurs témoignages n’ont pas corroboré la version du prévenu. Ils ont soutenu avoir plutôt appelé les étudiants à mettre fin aux jets de pierres afin de permettre aux forces de l’ordre de reprendre leur positionnement.

250 millions de FCFA réclamés en dommages et intérêts

Sur le volet des intérêts civils, Me Assane Dioma Ndiaye, avocat de la famille de Fallou Sène, a réclamé 200 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.

De son côté, la Coordination des étudiants de Saint-Louis, représentée par Me Amadou Diallo, a sollicité 50 millions de FCFA.

Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal de déclarer Serigne Moustapha Sané coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme.

De son côté, l’accusé, assisté par Me Moustapha Dieng, a contesté la responsabilité pénale de son client en invoquant notamment les dispositions de l’article 315 du Code pénal et l’état de nécessité. Dans sa plaidoirie, l’avocat a également appelé à l’apaisement.

À l’issue des débats, le tribunal militaire a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 27 novembre prochain.

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