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Migration : Moins d’arrivées en Europe, mais davantage de morts en mer

Les arrivées de migrants et de réfugiés en Europe sont en forte baisse depuis le début de l’année 2026. Mais cette diminution ne s’accompagne pas d’une baisse du nombre de victimes.

Selon les nouvelles données de l’Organisation internationale pour les migrations, au moins 2 292 personnes sont mortes ou portées disparues en tentant de rejoindre l’Europe par la mer depuis janvier.

Elles étaient 1 999 sur la même période en 2025, soit une hausse de près de 15 %.

Dans le même temps, près de 60 000 arrivées maritimes ont été enregistrées en Europe, contre plus de 98 000 l’année dernière.
Soit une baisse de 39 %.

Pour la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, ces chiffres traduisent une situation paradoxale : moins de personnes atteignent les côtes européennes, mais les migrants continuent de mourir ou de disparaître en nombre important sur les routes maritimes.

Près de 1 000 morts sur la route vers l’Italie

La situation est particulièrement préoccupante sur la route de la Méditerranée centrale, notamment entre l’Afrique du Nord et l’Italie.

Les arrivées ont diminué de 55 %, passant de plus de 48 000 à environ 21 400 personnes. Pourtant, le nombre de morts et de disparus a augmenté, passant de 844 à 996.

La Grèce a enregistré un peu plus de 20 000 arrivées, contre plus de 25 000 en 2025. Sur la route de la Méditerranée orientale, le nombre de morts et de disparus est également en hausse, avec 417 victimes, contre 284 un an plus tôt.

En Espagne, près de 16 800 arrivées ont été enregistrées sur les routes de l’Atlantique et de la Méditerranée occidentale. L’OIM y a recensé 879 morts ou disparus.

Plus de 17 000 migrants interceptés en mer

Les interceptions se poursuivent également.
Entre janvier et la mi-septembre 2026, 17 067 migrants ont été interceptés en mer puis renvoyés en Libye, selon les données suivies par l’OIM auprès des garde côtes libyens.

Pour l’organisation, l’augmentation du nombre de victimes malgré la baisse des arrivées pourrait notamment s’expliquer par le recours à des itinéraires de plus en plus dangereux.

L’OIM appelle à renforcer les opérations de sauvetage et la coopération internationale, mais aussi à développer des voies de migration sûres et régulières et à lutter davantage contre la traite et l’exploitation des migrants.

Un bilan probablement sous estimé

Les données de l’OIM couvrent les incidents vérifiés jusqu’au 15 septembre 2026. Mais l’organisation prévient que de nombreux naufrages et disparitions ne sont jamais signalés.

Le bilan réel des victimes pourrait donc être nettement plus élevé.

Au-delà des chiffres, l’OIM souligne les conséquences dramatiques pour les familles des personnes disparues, dont certaines dépouilles restent non identifiées pendant plusieurs années.

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