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Ibrahima Ngom défend Boubacar Camara et dénonce les accusations d’incohérence de Monsieur Sakho

Il m’est difficile de relever les incongruités d’un aîné, surtout d’un aîné à qui l’on voue un respect certain sur certains périmètres ou secteurs. Mais l’exercice de la vérité et de la justice envers un homme d’État qui sert loyalement notre pays m’oblige à dépasser cette réserve naturelle et morale.

Le procès en incohérence dressé contre le Ministre Boubacar Camara souffre d’un défaut originel. En effet, il est instruit par un homme dont le parcours politique est lui-même l’illustration la plus achevée du grand écart qu’il dénonce chez autrui.

D’abord sur la loyauté, Monsieur Sakho, revenons sur la loyauté. Le ministre Boubacar Camara n’a jamais varié dans son rapport à l’État. Inspecteur général d’État, il a servi sous plusieurs régimes avec la même rigueur technique, indépendamment des alternances.

Devenu Secrétaire général du Gouvernement puis Ministre, sa fidélité s’adresse à l’institution et à Son Excellence le Président de la République, Monsieur Bassirou Diomaye Faye, non à un homme ou à un clan. Reconnaître objectivement la compétence d’un ancien chef de gouvernement dans l’exercice de ses fonctions n’est pas une trahison du diagnostic collectif.

C’est plutôt un exercice de rigueur intellectuelle que l’on est en droit d’attendre d’un commis de l’État avant d’être un homme politique, précisément parce qu’il n’a pas de compte politique à régler, fussent-ils les démons de la division et les guetteurs de faux pas.

Ensuite sur les principes de la responsabilité gouvernementale,
pour votre gouverne, Monsieur Sakho, la solidarité gouvernementale n’exige pas l’uniformité des jugements sur des faits établis, elle exige la loyauté dans l’exécution de la politique définie par le Chef de l’État.

Par conséquent, Boubacar Camara n’a jamais failli à ce principe sacro-saint. Confondre appréciation factuelle et dissidence politique relève d’une lecture incongrue et biaisée de ce qu’est un gouvernement.

En plus sur la légitimité de M. Sakho, je ne saurais terminer ce texte sans revenir sur la légitimité de M. Sakho. Militant zélé de l’APR hier, pourfendeur de Sonko, converti à Pastef après avoir perdu ses privilèges sous l’ancien régime, aujourd’hui PCA de l’APIX par la grâce du pouvoir qu’il combattait : Il serait difficile, voire impossible, de recevoir une leçon de cohérence de la part d’un homme politique dont l’itinéraire est aussi mouvant.

Un homme dont l’engagement épouse si fidèlement les rapports de force du moment n’a pas l’autorité morale pour ériger la constance en étalon de jugement.

En plus sur le risque de l’entreprise, je pense humblement aussi qu’il y a quelque chose de périlleux, dans le contexte actuel, à voir un acteur politique de second rang, dont la carrière s’est construite sur l’inconstance congénitale et la quête de sinécures, s’attaquer à un serviteur de l’État qui a fait de la constance et de la crédibilité les poutres maîtresses de sa trajectoire professionnelle et politique.

S’en prendre à un tel repère d’intégrité administrative, quand on ne dispose soi-même d’aucun capital de cohérence, relève moins de la critique politique que de l’imprudence.

Enfin sur ce dont le pays a besoin

Dans le contexte actuel, le Président de la République n’a nul besoin de saltimbanques, ni de godillots, ni de guetteurs de fautes. Il a besoin d’hommes d’État capables de l’accompagner dans son ambition première : apaiser le climat social et politique et porter notre pays vers le développement. C’est à cette exigence que Boubacar Camara répond, et non à celle du spectacle politicien.
En résumé

Monsieur Sakho, le ministre Boubacar Camara, par son parcours honorum, son rang d’Inspecteur général d’État et ses fonctions successives au service de l’État, n’a de leçon à recevoir de personne, encore moins de celui qui a fait du reniement une méthode de carrière politique.

Ibrahima NGOM, Citoyen Sénégalais

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