Chambre criminelle de Dakar : Liberté provisoire accordée à Ndella Madior Diouf

Ndella Madior Diouf, propriétaire de la pouponnière « Keur Yeurmandé » a obtenu une liberté provisoire ce mardi 28 avril 2026 devant la chambre criminelle de Dakar.
Après deux années de détention, elle a regagné son domicile, tout en restant poursuivie pour plusieurs chefs, dont exercice illégal de la médecine, homicide involontaire, non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui.
Le parquet a toutefois requis son acquittement pour les accusations de traite de personnes et de privation d’aliments. Le procureur de la République avait auparavant demandé une peine de cinq ans de prison ferme. Son avocat, Aboubacry Barro, s’est félicité de cette décision, saluant l’acceptation de la demande de liberté provisoire.
À la barre, l’accusée a rejeté l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Elle affirme avoir créé la structure SOS Keur Yeurmandé pour venir en aide à des femmes en situation de détresse, évoquant son propre parcours marqué par une grossesse difficile. Elle reconnaît avoir accueilli jusqu’à soixante enfants, avec une participation journalière de 2 000 FCFA demandée aux mères.
Concernant les décès survenus dans la pouponnière, Ndella Madior Diouf en attribue la responsabilité à des défaillances du système hospitalier. Elle a également évoqué un supposé complot impliquant l’Ordre des médecins et le ministère de la Femme. Sur l’accusation d’exercice illégal de la médecine, elle soutient qu’en tant qu’étudiante en cinquième année, elle était en mesure de prescrire certains soins.
Le ministère public a rejeté ces arguments, estimant que rien ne peut justifier des pratiques en dehors du cadre légal. Il a notamment dénoncé le système de contribution financière imposé aux mères, jugé illégal.
S’agissant des coaccusés, Cheikh Tidiane Ndiaye et El Hadji Séne, qui contestent toute implication, le parquet a requis trois mois de prison ferme pour non-assistance à personne en danger. Ils ont également bénéficié d’une liberté provisoire.
Le délibéré de cette affaire est attendu le 28 mai 2026.



