Ali Khamenei : fin de « la patience stratégique », l’ère Mojtaba Khamenei s’ouvre sous tension
Pendant 36 ans, Ali Khamenei a dirigé l’Iran d’une main de fer. Sa gouvernance a été marquée par une doctrine claire : celle de la « patience stratégique ».

L’objectif consistait à encaisser les coups, éviter l’escalade vers une guerre totale et calibrer minutieusement chaque riposte.
Il avait même émis une fatwa interdisant l’usage des armes nucléaires. Autoritaire sur le plan intérieur, il se montrait toutefois prudent et calculateur face aux adversaires extérieurs.
Avec Mojtaba Khamenei, 56 ans, un nouveau chapitre s’ouvre. Bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction officielle majeure, de nombreux analystes le décrivent comme l’une des figures les plus influentes du pouvoir en coulisses.
Il aurait exercé une influence déterminante sur des postes clés au sein des Gardiens de la révolution et des services de renseignement. Vétéran de la guerre Iran-Irak, il s’est forgé une image de « soldat-clerc », renforçant sa popularité auprès des franges les plus radicales de l’appareil sécuritaire.
Son nom est régulièrement associé aux épisodes les plus répressifs du régime, notamment à la répression du Mouvement vert en 2009 et aux vagues de manifestations qui ont suivi. En 2019, les États-Unis l’ont sanctionné pour son rôle présumé au sein de l’appareil sécuritaire iranien.
La situation a pris une dimension encore plus dramatique après l’attentat du 28 février, qui aurait coûté la vie à plusieurs membres de sa famille proche, dont son père. Ce drame personnel, survenu dans un contexte régional déjà explosif, alimente les interrogations sur l’orientation future du régime.
Selon un professeur de l’université de Téhéran, « l’Iran a tiré une leçon sévère de la guerre de juin 2025 : la retenue est perçue comme une faiblesse ». Une nouvelle doctrine, plus offensive, serait désormais à l’étude, certains évoquant une stratégie dite de « terre brûlée » en cas d’attaque majeure.
Installé comme nouveau Guide suprême avec le soutien des Gardiens de la révolution, Mojtaba Khamenei incarnerait moins une simple succession qu’une transformation du système.
L’Iran passerait ainsi d’un pouvoir fondé sur le calcul stratégique à un leadership potentiellement plus idéologique, façonné par l’épreuve, la loyauté aux structures militaires et un contexte régional sous haute tension.


