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Affaire FADP : Ibrahima Lissa Faye convoqué à la Sûreté urbaine

L’affaire du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) connaît un nouveau tournant judiciaire.

Ibrahima Lissa Faye, directeur de publication de PressAfrik et coordonnateur de la Coordination des associations de presse du Sénégal (CAP), est convoqué ce mardi 31 mars à 15 heures à la Sûreté urbaine (SU).

Son nom avait été cité la semaine dernière par Mame Makhtar Guèye lors de son audition au Commissariat central de Dakar. Informé, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a ordonné son audition.

Dans ce dossier, Ibrahima Lissa Faye n’est pas le seul concerné. Habibou Dia, directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), a également été convoqué.

Selon plusieurs sources, la Direction de la Communication aurait saisi le procureur, estimant que certaines déclarations seraient diffamatoires et de nature à porter atteinte à la crédibilité du FADP et de son Conseil de gestion.

À l’origine de cette affaire, des déclarations faites par Ibrahima Lissa Faye dans l’émission RFM Week-end au sujet de la répartition du fonds.

Des propos ensuite relayés par le président de l’ONG Jamra, Mame Makhtar Guèye, dans une vidéo devenue virale, où il dénonçait une distribution jugée inéquitable de l’aide publique à la presse.

Le patron de PressAfrik avait notamment affirmé que la presse privée n’aurait perçu que 500 millions de francs CFA.

Un climat de tension dans le secteur de la presse

Ces convocations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre les autorités et les acteurs des médias autour de la gestion du FADP.

Le 30 janvier 2026, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) avait dénoncé une répartition qu’il jugeait illégale, pointant un manque de transparence.

L’organisation rappelait notamment une décision de la Cour suprême, rendue le 11 décembre 2025, annulant des arrêtés liés à la plateforme d’identification des entreprises de presse, décision qui, selon elle, n’aurait pas été respectée.

La question de la transparence reste au cœur des préoccupations.
Plusieurs mois après les annonces des autorités, la liste des bénéficiaires du fonds n’était toujours pas publiée, alimentant les suspicions.

Une publication imminente avait toutefois été annoncée début mars par le directeur de la Communication.

Dans ce climat tendu, certains observateurs s’interrogent sur une possible judiciarisation du débat, perçue comme une pression sur les voix critiques. De son côté, Mame Makhtar Guèye, entendu puis libéré, reste à la disposition de la justice en attendant d’éventuelles suites dans cette affaire.

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