Sénégal : Un ancien ministre prédit le départ d’Ousmane Sonko de la Primature
Dans une tribune publiée dans le magazine Le Point, l’ancien ministre et analyste en géopolitique Adrien Poussou s’est penché sur les tensions qui pourraient émerger au sommet de l’État sénégalais. Selon lui, la scène politique nationale pourrait replonger dans une dynamique bien connue où les alliances au pouvoir finissent par se transformer en rivalités.

Dans son analyse, il estime qu’« à Dakar, les duos finissent presque toujours en duels », soulignant que ces confrontations dépassent souvent les rivalités personnelles et relèvent plutôt d’une logique institutionnelle capable d’ébranler même les alliances politiques les plus solides.
Une alliance politique mise à l’épreuve
Dans sa tribune, Adrien Poussou revient sur le contexte ayant conduit à l’accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, cette victoire s’est inscrite dans une configuration particulière marquée par l’empêchement du leader politique Ousmane Sonko à se présenter à l’élection présidentielle.
Cette situation aurait favorisé un accord politique implicite permettant l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Toutefois, l’analyste estime que ce compromis initial semble aujourd’hui fragilisé par les réalités de l’exercice du pouvoir.
Il avance que le chef de l’État « semble s’émanciper de ses propres engagements », une évolution qui pourrait expliquer, selon lui, « l’attitude de rébellion de son Premier ministre ».
Dans une partie de l’opinion militante, poursuit-il, le président était perçu comme le « dépositaire provisoire » d’une victoire destinée au parti, avant de passer le relais à Ousmane Sonko après un mandat. Mais, selon Adrien Poussou, la logique du pouvoir aurait progressivement pris le dessus.
Il critique également l’influence de certains acteurs politiques qu’il accuse d’avoir cédé « aux sirènes de la transhumance politique », évoquant des responsables qu’il associe à ceux qui soutenaient l’ancien président Macky Sall lors du débat sur un éventuel troisième mandat.
Des précédents dans l’histoire politique
Pour étayer son analyse, l’ancien ministre établit un parallèle avec un épisode majeur de l’histoire politique du Sénégal : la crise entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia en 1962, qui avait profondément marqué la vie politique du pays.
Selon lui, cette rupture illustre une dynamique récurrente dans laquelle les alliances politiques se transforment progressivement en affrontements ouverts.
Adrien Poussou évoque également un exemple sur la scène internationale: la rivalité politique en France en 1995 entre Édouard Balladur et Jacques Chirac, autre illustration, selon lui, des tensions pouvant naître au sommet du pouvoir.
Vers un départ de Sonko de la Primature ?
Dans sa conclusion, l’analyste livre une projection de l’évolution possible de la situation politique actuelle. Selon lui, la rupture entre le président et son Premier ministre serait déjà amorcée sur le plan politique.
Il estime que le chef de l’État n’aurait même pas besoin de procéder à une révocation officielle. « La mécanique politique déjà enclenchée fera le travail à sa place », écrit-il.
D’après Adrien Poussou, Ousmane Sonko pourrait ainsi finir par quitter la Primature, notamment en raison d’un affaiblissement de sa marge de manœuvre au sein de l’exécutif. L’ancien ministre évoque également le « tempérament volcanique » du leader politique, qui pourrait le pousser à « retrouver les bancs de l’Assemblée nationale comme simple député ».
Selon lui, ce scénario pourrait permettre à Sonko d’adopter une posture plus offensive sur la scène politique, en menant une opposition frontale à travers la mobilisation populaire et la confrontation directe avec le pouvoir.
Pour Adrien Poussou, cette perspective s’inscrit dans une logique politique qu’il décrit comme « un théâtre d’opportunismes où les serments n’engagent que ceux qui y croient ».
Avec senenews


