Affaire Softcare : le SAMES dépose un préavis de grève nationale
Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) a annoncé ce mardi le dépôt d’un préavis de grève nationale pour défendre les professionnels de santé impliqués dans l’affaire Softcare. La décision intervient dans un contexte de polémique autour de la découverte de matières premières périmées dans une usine produisant des couches pour bébés et des serviettes hygiéniques.

Lors d’une conférence de presse, le secrétaire général du syndicat, Diabel Dramé, a déclaré que toute attaque contre les ressources humaines du secteur de la santé serait fermement rejetée. Il a également annoncé une mobilisation qui débutera à Dakar avant de s’étendre à l’échelle nationale.
La crise trouve son origine dans les conclusions d’une enquête rendues publiques le 5 mars par le ministre de la Santé, Ibrahima Sy. Alors que l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP) avait ordonné le retrait des produits Softcare le 8 décembre dernier, le ministre a finalement assuré que les matières utilisées ne représentaient aucun danger pour la population.
Il a néanmoins évoqué des défaillances dans les procédures d’inspection de l’ARP, accusant l’agence d’avoir suscité une psychose au sein de l’opinion publique à travers des alertes jugées insuffisamment étayées.
En réaction, les sections syndicales du SAMES et du SUTSAS dénoncent une mauvaise gouvernance au sein de l’agence de régulation et estiment que la responsabilité incombe davantage à l’administration qu’aux agents de terrain.
Pour sa part, Mariama Thiam, représentante du SUTSAS, affirme que cette situation menace la sécurité sanitaire des Sénégalais et la crédibilité du système de régulation pharmaceutique. Elle appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante menée par l’OFNAC et l’Inspection générale d’État (IGE) afin de faire toute la lumière sur ce dossier.
Au-delà de l’affaire Softcare, les syndicats réclament également un audit complet des procédures d’homologation et d’inspection au sein de l’ARP, ainsi qu’une plus grande transparence sur les saisies de médicaments illicites. Selon eux, garantir aux citoyens l’accès à des produits de santé sûrs nécessite des réformes profondes du système de régulation.



